Printemps 1910, sur une petite route du proche arrière-pays cannois. Une violente pétarade vient troubler la sérénité des lieux, suscitant l’étonnement et la curiosité: un joyeux groupe de jeunes cannois chevauche des engins jusqu’alors peu répandus, des motocyclettes…

 

 

Le Moto Club était né.

 

 

La Grande Guerre stoppe rapidement son évolution. Mais dès la paix revenue, il se reconstitue sous l’impulsion de quelques passionnés, parmi lesquels Pierre NOUVEAU, qui deviendra plus tard Maire de Cannes.

 

De nouveaux Statuts sont adoptés en 1923, pour mieux structurer le club. On y lit, entre autres, que « les dames sont admises à faire partie de la société. Elles bénéficient de tous les avantages accordés aux membres ». Il faut croire que ce n’était guère évident pour l’époque !

 

A partir de 1933 se développe une activité de Moto Ball : il s’agit de football… avec des joueurs motorisés. Cannes présente une équipe redoutée, dans laquelle on trouvera déjà un homme qui marquera l’Histoire du club et de la Moto dans notre région : Louis DOTTO.

 

C’est une période d’intense activité. Outre le Moto Ball et les compétitions, de nombreuses sorties dominicales ont lieu. La place Massuque, devant le Quai Saint Pierre, devient le point de départ des randonnées. Certains riverains applaudissent, d’autres sont exaspérés par cette agitation du dimanche matin …

 

La seconde guerre mondiale va interrompre à nouveau les activités.

 

Octobre 1945 : réunis à la Brasserie « la Régence », près de la Place Vauban, de nombreux anciens décident de recréer le Club. Dès 1946, il organise un moto cross dans les carrières de Rocheville, puis un «kilomètre départ arrêté »… Boulevard Carnot, où  les meilleurs pilotes atteindront 200 Kilomètres/heure ! Parmi les pilotes au départ, on trouve des noms qui deviendront célèbres : Georges MONNERET, Jacques ONDA, Jean BEHRA, et Louis DOTTO.

 

Ce dernier, parallèlement à sa brillante carrière de pilote, devient Président en 1949. Charly GINOUX l’assiste au poste de Secrétaire Général. Les réunions se tiennent alors Place de la Gare, à la « Taverne Royale ».

 

 C’est le début d’une période d’activité hors du commun. Une course de vitesse a lieu en 1947 sur la Pantiero, le Quai Saint Pierre, et autour de la Mairie ! Plus de soixante manifestations seront organisées durant les presque quarante ans de la Présidence de Louis DOTTO: des concentrations, des circuits de vitesse (avenue des Collines entre Cannes et le Cannet, puis la Bocca autour des Etablissements Balitrand), des courses de côte (la Californie, puis Tanneron), des rallyes (Cannes-Genève-Cannes deviendra l’épreuve phare de la discipline), des moto-cross (Rocheville, l’aérodrome, La Roquette), et même un trial indoor au marché de gros de la Bocca. On n’oubliera pas non plus le congrès de la Fédération Internationale à Cannes en 1970, ni la grande fête organisée en 1971 avec Giacomo Agostini pour la première mondiale du film « Continental Circus ».

 

Parallèlement, on ne compte plus les titres de Ligue obtenus par les cannois. Le club se forge un palmarès national, et même international avec Patrick FERNANDEZ,vainqueur du Grand Prix d’Afrique du Sud, et Hervé MOINEAU, quadruple champion du Monde d’Endurance.

Totalement dévoué au club, Louis DOTTO finira par l’installer dans son ancien atelier de carrosserie de l’Impasse Béraud, transformé en « Maison de la Moto » avec bureaux et salle de réunion. Il y installera aussi la Ligue Régionale, présidée par ses soins durant plus de trente ans. Ce local, aujourd’hui propriété de la Ville de Cannes, accueille toujours le Moto Club, avec d’autres Associations. Il porte fort logiquement le nom de « Salle des Sports Mécaniques Louis DOTTO ».

 

En 1986, à bout de forces, Louis DOTTO passe la flambeau à Robert BORDEAUX, dont le fils Didier deviendra champion de France de Vitesse. Quatre ans plus tard, Patrick LAYET prend le relais. L’activité est toujours intense, et le club organise en janvier 1993 sa première manifestation de niveau mondial: la Coupe du Monde de Trial Indoor, à la Palestre au Cannet. Le club y assume l’intégralité des responsabilités sportives, juridiques et financières. La réussite est totale, et la rumeur fait état de billets au marché noir, avec trois mille demandes non satisfaites. La Fédération confiera durant quatre années consécutives au Moto Club de Cannes l’organisation de la manche française de la Coupe du Monde !

 

Et le palmarès continue à s’enrichir ! Hervé MOINEAU, qui disputera au total 17 saisons de compétition,  continue sa brillante carrière internationale. Le club remporte à trois reprises (1989, 1992 et 1994) le titre envié de champion de France de Tourisme.

 

Fin 1993 intervient l’élection d’une Présidente ! Durant cinq ans, Nicole TRANOIS va mettre au service du club sa parfaite connaissance de la compétition, à la surprise des grincheux ne voyant dans la Moto qu’une activité de mauvais garçons…

 

Elle cède à son tour le flambeau à son Vice-Président… qui n’était autre que son prédécesseur Patrick LAYET, toujours en place.

 

Parmi les résultats les plus remarquables de ces dernières années, on retiendra Frédéric PETIT, meilleur pilote privé des Grands Prix de Vitesse 125 cm3 en 1997, et meilleur français en 1998 (il mènera le Grand Prix de France). Franck POULLE, Arnaud VAN DEN BOSSCHE et Jimmy PETIT (jeune frère de Frédéric) ont ramené plusieurs titres nationaux en s’illustrant aussi à l’étranger. Depuis 1997, le Moto Club de Cannes compte en permanence des pilotes classés au Grand Prix de France, et il a trusté en 1999 les trois titres nationaux attribués en Vitesse 125 cm3 ! Quant à l’équipe de Tourisme, pilier de la vie associative du club, et totalement ouverte à toute personne intéressée, elle est championne de Ligue depuis plus de dix ans sans interruption…

 

Que souhaite un club qui a obtenu plusieurs titres mondiaux et en moyenne un titre national par an depuis trente ans ? Simplement promouvoir la Moto, et proposer un lieu d’accueil et de camaraderie pour que chacun puisse la pratiquer. A l’aube d’un nouveau millénaire, on ne saurait douter que les futures générations de motards seront dignes des précédentes.

 

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